Gabon : face à la surpopulation carcérale, le gouvernement organise les audiences foraines

New Africa jeudi, 11 juin, 2026 59 0 0 1
Gabon : face à la surpopulation carcérale, le gouvernement organise les audiences foraines
Au Gabon, le gouvernement organise les audiences foraines, face à la surpopulation carcérale

La prison centrale de Libreville a accueilli ce mercredi 10 juin 2026, une session d’audiences foraines, une initiative portée par le ministère de la Justice avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). L’opération vise à rapprocher la justice des lieux de détention et à contribuer au désengorgement des prisons du pays.


Au total, une quarantaine d’affaires correctionnelles seront examinées lors de cette session audiences foraines. Si le chiffre peut paraître modeste au regard du nombre de détenus que compte l’établissement pénitentiaire, les autorités y voient une étape importante dans les efforts engagés pour fluidifier le fonctionnement de la justice et réduire le nombre de personnes en attente de jugement. « La prison de Libreville comme toutes les prison du Gabon, souffre d’un mal que nous connaissons tous qui est la surpopulation carcérale et les initiatives comme celle là vont justement dans le sens de contribuer à soulager la prison », indique Augustin Emane, ministre de la justice, garde des sceaux.


Pour le ministre, cette démarche consiste à rapprocher temporairement le tribunal des lieux où se trouvent les justiciables. Une pratique courante dans les zones éloignées des juridictions, mais qui trouve également tout son sens dans les établissements pénitentiaires confrontés à une forte densité carcérale.


Selon les autorités judiciaires, les dossiers examinés concernent essentiellement des délits de droit commun. Les affaires criminelles, qui nécessitent des procédures spécifiques, feront l’objet d’autres sessions annoncées dans les prochaines semaines.


La surpopulation des prisons demeure en effet l’un des principaux défis du système pénitentiaire gabonais. Entre infrastructures devenues insuffisantes face à l’augmentation du nombre de détenus et lenteurs procédurales liées à l’encombrement des tribunaux, les établissements carcéraux accueillent de nombreux prévenus en attente de jugement. Une situation qui pousse les pouvoirs publics à multiplier les initiatives destinées à accélérer le traitement des affaires.


Partenaire de cette opération, le PNUD inscrit son soutien dans le cadre de son accompagnement des réformes de gouvernance et de justice menées par le gouvernement gabonais. « Nous avons accompagné le ministère pour cette session initiale, puisque c’est conforme, aux dispositions juridiques et légales de faire en sorte que les prisons, qui sont aujourd’hui encombrées par certains détenus, notamment des mineurs, puissent permettre que ces dossiers soient traités dans les meilleurs délais », a indiqué Rokya Ye-Dieng, représentante du PNUD au Gabon.


Au-delà de cette opération ponctuelle, la représentante du PNUD précise que plusieurs projets sont actuellement en cours afin de renforcer la gouvernance judiciaire, moderniser les infrastructures et améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur. L’organisation onusienne affirme rester mobilisée aux côtés des autorités gabonaises pour soutenir les différentes priorités définies dans la feuille de route du ministère, dans un contexte marqué par d’importants défis en matière d’accès à la justice et de modernisation des services publics.


Contrairement à une idée répandue, ces audiences délocalisées ne concernent pas uniquement Libreville. « Ces dernières semaines, des opérations similaires ont été organisées dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment à Fougamou et Koulamoutou », a rappelé Augustin Emane. Une preuve, selon le ministre, que l’institution judiciaire poursuit son travail au-delà de la capitale et souvent loin des projecteurs.


À travers ces audiences foraines, le gouvernement entend ainsi conjuguer efficacité judiciaire et amélioration des conditions de détention, dans un contexte où la modernisation de la justice figure parmi les priorités de l’État. Une démarche qui, même à petite échelle, pourrait contribuer à apporter des réponses concrètes à l’un des défis majeurs du système pénitentiaire gabonais.


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